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Théâtre

La Dame aux camélias

La Dame aux camélias Théâtre
La Dame aux camélias Théâtre

C'est le récit d'un drame amoureux, celui d'un jeune bourgeois Armand Duval, subjugué par la beauté de Marguerite Gautier, courtisane. Par la force sensuelle et poétique de son écriture scénique, Arthur Nauzyciel ouvre ainsi des espaces pour donner voix aux absents, corps et disparus.

Calendrier Dates :
  • Mercredi 26 septembre 2018 à 20h00
  • Jeudi 27 septembre 2018 à 19h30
  • Vendredi 28 septembre 2018 à 20h00
  • Samedi 29 septembre 2018 à 15h00
  • Mardi 2 octobre 2018 à 20h00
  • Mercredi 3 octobre 2018 à 20h00
  • Jeudi 4 octobre 2018 à 19h30
  • Vendredi 5 octobre 2018 à 20h00
Localisation Lieu : TNB, 1 rue Saint-Hélier
35040 Rennes
Prix : De 11 à 27€
Site web Site : t-n-b.fr
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L'interview

L'interview

Arthur Nauzyciel : “Plus subversif que Genet, c'est difficile"

Pour sa seconde saison à la tête du TNB, Arthur Nauzyciel monte La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils. Avant de reprendre Splendid’s de Jean Genet pendant le festival TNB. Rencontre.

Pourquoi monter La Dame aux Camélias en 2018 ?

Cette pièce est fascinante. C’est l’une des premières à donner de manière naturaliste un personnage de prostituée. On y découvre comment la société fabrique le crime. On y décrit la façon dont se met en place le système économico-politique qui se cristallise autour de la prostitution et de ses effets. Sous couvert d’un romantisme et sentimentalisme désuets, la pièce se fait l’écho d’une époque où les sédiments de notre société actuelle se mettent en place. 

La prostitution est d’ailleurs omniprésente au XIXe…

C’est peut-être la plus grande activité au milieu du XIXe… Et c’est crucial car on est au croisement de ce qui construit l’identité masculine et l’hétérosexualité. Haussman construit ses grosses artères pour détruire des ruelles sujettes à la prostitution, les gares alimentent des bordels… Dumas écrit aussi La dame aux camélias par engagement politique, avec notamment cette préface sur la prostitution, mais ça reste une autobiographie.

Montez-vous la pièce ou le roman ?

On a construit une adaptation qui fait se croiser le roman et la pièce avec des moments de relais, des moments où ça vient se frotter et se contrarier. C’est intéressant de montrer l’écart, comment
Dumas réécrit sa propre histoire. On a voulu redonner à la pièce une force qui est dans le roman. Il embourgeoise beaucoup le roman car il veut tellement la racheter et la rendre acceptable. 

 

Est-ce que le XIXe siècle est un siècle qui vous intéresse artistiquement ?

C’est un siècle d’une incroyable invention, subversif chez les auteurs et les peintres. Une Histoire très compliquée et passionnante que l’on connaît mal alors qu’on passe de la Monarchie de Juillet à la République, avec la question du suffrage universelle, la répression du peuple parisien. C’est un siècle punk qui a à voir avec la contestation, le soulèvement et la guerre.

 

Monter un texte du XIXe siècle est-ce le meilleur moyen d’attirer des jeunes au TNB ?

Je ne me pose jamais la question comme ça. Ce que l’on construit en tant que metteur en scène est un chemin intuitif. On cherche, on explore, on est dans une continuité. C’est pour ça que j’ai voulu me présenter au public rennais avec trois spectacles. J’essaie de faire un théâtre d’aujourd’hui avec les outils que j’ai. J’espère que ça ne sera ni académique ni ringard, et si la rencontre se fait, c’est par la forme.

La Dame aux camélias est une pièce sur un thème d’actualité…

Oui mais on ne monte pas La Dame aux camélias parce qu’il y a eu MeToo. La question, c’est surtout comment on invente un théâtre qui ouvre des pistes. Comment on invente un spectacle qui relève du théâtre et qui ne soit pas du ciné ou de la TV pour les plus jeunes.

Vous présenterez ensuite Splendid’s de Jean Genet : deux salles, deux ambiances…

Dumas fils est devenu très moralisateur mais il y a quelque chose de très subversif dans les deux cas. Avant, au théâtre, il n’y avait pas de putes mais des princesses… Même s’il y a dans Splendid’s une radicalité et une austérité, quelque chose de dur et brut, la pièce résonne avec La Dame aux camélias. Et, il était important que je montre Jules César et Jan Karski avant car ils ont préparé Splendid’s.

Qu’est-ce qui vous passionne chez Genet ?

Plus subversif que Genet, c’est difficile. Il transforme tout ce que la société va bannir en vertu. Il fait de la trahison, la lâcheté et l’homosexualité une sainte trinité à partir de laquelle il va construire son travail. Il a la capacité de transformer le réel par la fiction et c’est bien l’un des très grands auteurs du XXe siècle.

Que retenez-vous de votre première saison à la tête du TNB ?

Je suis surpris et heureux de la curiosité du public. Nous avons le même nombre d’abonnés et de spectateurs qu’avant. Ça ne veut pas dire que ce sont les mêmes mais nous n’avons pas de baisse bien que 75 % des artistes ne soient jamais venus à Rennes. La question est de savoir s’ils reviendront pour la suite d’un projet assez inédit avec les mêmes artistes. Puis, il y a l’école que nous avons repensée, le concours, le type de jury, ce qu’on a traversé en lisant ces dossiers, le stage…



Interview Patrick Thibault
Crédit photos : La Dame aux camélias (photos de répétition) © Philippe Chancel
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